La vision du monde proposée par le bouddhisme traditionnel s'enracine dans l'expérience d'éveil du Bouddha (5e siècle avant notre ère). Avant de réaliser à Bodhgayâ, sous un arbre pippal, par approfondissement progressif de sa méditation (dhyâna), l'expérience de l'extinction complète des désirs (nirvâna), on raconte que Gautama avait d'abord triomphé de Mâra (Celui qui tue, la Mort, le Désir) qui l'avait assaillé de ses troupes de démones voluptueuses.
L'univers tel que se le représentent les bouddhistes est une sorte de projection spatiale des expériences spirituelles préconisées par le Bouddha. Il est fait de trois plans distincts et superposés, celui des mondes de désir, celui des formes subtiles et celui des formes immatérielles.
Le premier plan comprend des zones infraterrestres avec entre autres des enfers terribles où pâtissent les méchants, le monde des humains et des animaux, et enfin aux paliers supérieurs un certain nombre de paradis célestes. Ce premier plan est caractérisé par le désir (kâma); il s'agit de mondes encore grossiers où renaissent indéfiniment ceux qui ne misent que sur la qualité de leurs actions, les bons jouissant pendant quelque temps de leurs mérites, les mauvais expiant leurs crimes dans des destinées plus ou moins terribles.
Tout l'enseignement du Bouddha consiste à proposer des moyens pour se libérer de l'impasse que constitue le plan du désir. Le principal de ces moyens est la méditation (dhyâna, un mot qui, prononcé à la japonaise, est devenu zen), et ceux qui la pratiquent avec succès sont assurés de ne plus renaître en ce bas-monde et de couler une existence heureuse pendant des millions d'années dans les demeures pures du plan des formes subtiles (deuxième plan) où habitent des divinités très hautes.
Il existe encore un troisième plan d'existence, encore plus élevé et plus spirituel, que l'on obtient par des expériences de méditation encore plus hautes que l'on appelle des ravissements.
Ce qu'il est important de bien comprendre, c'est que la véritable libération, le nirvâna supr ême, suppose que l'on s'est dépris de toute attache, et m ême des attaches les plus subtiles ou spirituelles qui conduisent à des existences sur des plans très élevés, mais perçues comme autant de pièges que le véritable adepte doit apprendre à déjouer.
L'univers tel qu'imaginé par les bouddhistes est entièrement modelé sur l'expérience de méditation. Et c'est cette m ême méditation qui les amène à prendre conscience que les phénomènes physiques et psychiques dont est constitué l' être humain sont une chaîne sans fin d'éléments qui se conditionnent les uns les autres sans qu'il ne soit jamais possible de supposer l'existence d'un principe premier ou d'une entité première que l'on pourrait appeler l'âme ou encore Dieu. Il y a donc parfaite adéquation entre la façon dont les bouddhistes conçoivent le monde et l'expérience qu'ils ont de la méditation.
Transposée en contexte contemporain, la notion d'interdépendance des phénomènes amène parfois certains bouddhistes à affirmer que leur conception du monde anticipe les découvertes scientifiques. Les meilleurs interprètes restent pourtant à cet égard tout à fait conscients de l'écart qui existe entre les approches bouddhique et scientifique, et ne cherchent d'aucune façon à les confondre ou à les superposer. Il est vrai que ni le bouddhisme ni la science ne présupposent la croyance en un Dieu créateur. Dans aucune de ces deux approches, on ne postule de principe premier qui servirait d'explication universelle. Dans le cas des bouddhistes, l'affirmation que les phénomènes (physiques et psychiques) s'enchaînent les uns aux autres en complète interdépendance vient d'une intense expérience de méditation, tandis que, dans le cas de la science, des conclusions similaires proviennent entre autres d'investigations en laboratoire. Les bouddhistes conscients de ces différences insistent sur le fait qu'au moyen de méthodes de recherche radicalement opposées, chacune valide en son domaine respectif, on puisse arriver à une convergence de point de vue. Ce refus d'un concordisme hâtif et l'accent mis sur la spécificité de chacun des domaines me semblent une voie d'avenir pour le nécessaire dialogue qui doit s'instaurer entre bouddhisme et science (je m'inspire ici des analyses de Trinh Xuan Thuan et de Mathieu Ricard).
L'existence d'un monde viable coïncide pour les hindous, non pas avec des croyances, mais avec la mise en place des rites qui en déterminent l'ordonnancement. La création du monde, peu importe la façon dont on se la représente, débouche sur l'instauration de gestes rituels dùment répétés qui en assurent la stabilité et la fécondité.
Un hymne ancien, toujours récité par les brahmanes, confirme cette interprétation. Il fait naître le cosmos d'un immense sacrifice dont la victime est un Géant primordial qui porte le nom de Purusha ou Homme. De ce corps démembré naissent les animaux, les ustensiles rituels, les groupes sociaux, les divinités, et les différentes parties de l'univers. Les dieux sont partout : ils surgissent du sacrifice et président à l'immolation de la victime sacrificielle qu'est l'Homme.
Le monde n'a cependant pas été créé une fois pour toutes. De m ême que les rites sacrificiels doivent être régulièrement répétés, ainsi en est-il de la création du monde. Le dieu supr ême (quel que soit le nom qu'on lui donne) est celui qui à la fois émet de son être toutes les créatures au début de chaque nouvelle ère cosmique et les ramène finalement chaque fois en lui. Le monde est donc naturellement éphémère, soumis à une interminable alternance d'apparitions et de disparitions, de jours et de nuits. Ce rythme de créations et de destructions cosmiques est lié au respect des prescriptions rituelles, mais dépend en dernier ressort d'un dieu supr ême que l'on se représente comme un grand yogin.
Selon les hindous, nous vivons présentement dans un âge d'appauvrissement rituel et moral (le Kaliyuga) qui est tout à l'opposé de l'âge d'or qui a l'a précédé il y a fort longtemps et qui reviendra inéluctablement. Malgré les normes qui encombrent la vie de chacun et qui varient avec les groupes sociaux, l'hindou reste pragmatique. Il perçoit l'écart entre l'idéal et la triste réalité quotidienne, et accepte au-delà de toute chose la présence d'une ultime divinité dont la nature lui échappera toujours.
Il ne faudrait pas pour autant s'imaginer que l'hindouisme ne connaît qu'un temps cyclique fait d'éternelles répétitions, comme on le répète encore trop souvent.
Les souverains hindous qui ont construit des empires savaient très bien qu'il leur fallait du temps pour vaincre tous leurs ennemis et que les rituels commandés aux brahmanes leur étaient nécessaires pour triompher des forces invisibles. Il en va de m ême de tous ces hindous qui misent sur le commerce ou sur les techniques artisanales pour améliorer leur existence. Le temps est pour toutes ces personnes un facteur positif.
Il existe cependant un autre discours qui provient surtout de ceux qui ont décidé de renoncer aux attraits de l'existence humaine et qui caricaturent le monde qu'ils sont sur le point de quitter en le comparant à une jungle impénétrable, à un océan sans fond, ou à une roue qui s'affole. Le discours qui enferme le monde dans un cercle sans fin existe bien dans l'hindouisme, mais il est le partage de ceux qui s'en servent comme d'un levier pour s'encourager à tout quitter et arriver enfin à une totale libération.
Cet idéal de renoncement aux attraits de l'existence, qui reste l'apanage d'une minorité, laisse exister une majorité d'hindous qui ne sont pas encore orientés vers la libération et qui acceptent de vivre pleinement dans un monde infiniment désirable, avec des possibilités d'avancement dans les domaines économique et politique, avec aussi la pratique de rites variés qui garantissent une vie prospère.
à côté de ces représentations traditionnelles, il existe dans l'Inde actuelle d'autres conceptions qui empruntent volontiers à l'Occident et dans lesquelles les Occidentaux se retrouvent aisément.
Tout en ayant l'air de parler un langage convenu, ces maîtres néo-hindous innovent en décrivant un monde en évolution tant au plan matériel que spirituel. C'est le cas de Shri Aurobindo qui préconise une philosophie et une pratique de yoga intégrant la notion d'évolution. En développant dès maintenant sa propre conscience de l'énergie divine active dans le corps, l'adepte se laisse posséder et transformer par la conscience divine et accède ainsi petit à petit au faîte de l'expérience spirituelle.
Ce chassé-croisé des représentations entre l'Inde et l'Occident complique l'étude de l'hindouisme mais manifeste que cette religion sait s'adapter au monde moderne et se mondialise de plus en plus.
Pour saisir en quoi le christianisme pose un regard spécifique sur le monde, il faut d'abord prendre en considération son appartenance aux religions du Livre (la Bible). écritures révélées, celles-ci racontent une histoire. Elles supposent donc un auteur, des auditeurs et un récit. Si l'auteur est éternel (Dieu), l'histoire racontée est celle d'une finitude : elle a été initiée en un certain temps, et se déroule vers un terme. En bref, elle porte en elle une direction, un sens.
Comme toute histoire racontée, elle implique que son auteur (Dieu) désire être compris, car on parle pour être entendu et on veut être entendu pour être compris. Vouloir être compris, se faire comprendre (prendre avec), c'est faire alliance, devenir solidaire. La vision du monde propre au christianisme est donc essentiellement celle d'une reconnaissance réciproque du désir de Dieu et du désir des humains. Un Dieu créateur et auteur; des humains créés, récepteurs de l'histoire racontée et porteurs de leur propre histoire. Sens et désir, mutuellement reconnus, sont les deux ingrédients de la vision du monde propre au christianisme.
Les trois grandes traditions religieuses qui se réclament d'Abraham (judaïsme, christianisme et islam) reposent sur ces éléments de base. En christianisme (que l'on peut regrouper en trois grandes familles : le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme), le salut est offert en Jésus-Christ, c'est-à-dire en raison de l'incarnation (Dieu qui se fait humain) par laquelle le Créateur est solidaire de l'histoire humaine, de ses impasses comme de sa créativité. Qu'est-ce à dire? Partageant les faiblesses humaines, assumant la faute et les fautes, le Dieu de la foi chrétienne assume la liberté des humains. Par l'incarnation, la mort et la résurrection du Christ, le salut est offert à tous les humains et à chacun d'entre eux, à travers leur histoire particulière, aujourd'hui comme hier et demain, c'est-à-dire dans les constructions de sens auxquelles ils se risquent, malgré et à cause des aléas de leur existence.
Le christianisme, en quelque sorte, assume le défaut de l'humain qui consiste à ne pas être programmé pour le bonheur, mais à devoir prendre le risque du sens. Il invite ainsi à parcourir les routes d'un croire qui est essentiellement reconnaissance du désir divin et loyauté à son égard. Ces routes sont souvent difficiles et on peut on peut toujours en déraper. La liberté, dans cette perspective, n'est pas la possibilité de tout faire, mais plutôt la possibilité de faire quelque chose à partir des contraintes et servitudes qui tissent l'existence. Elle représente un plus, un dépassement sans cesse à renouveler.
L' être humain engendré par le christianisme n'est pas tout-puissant mais est capable de créativité. Cette créativité s'accorde au désir, propre à chacun, d'apporter sa pierre à la construction de l'histoire, celle d'un salut annoncé mais en train de se faire. Elle consiste, essentiellement, à faire sens en solidarité avec les autres et avec le projet divin. Elle est irrémédiablement solitaire dans la mesure où elle renvoie à l'intimité du désir et des aspirations, là où disparaissent tous les faux-fuyants, maquillages et stratégies de séduction. Elle appelle l'authenticité la plus foncière, là où chacun découvre sa façon personnelle de réaliser sa propre humanité. Elle ne peut cependant être dissociée de la vie d'une communauté, quelle qu'elle soit, ni celle des proches, ni celle de la nation, ni celle de l'humanité embarquée, comme on commence à mieux le savoir, sur une planète aussi fragile qu'explosive.
Pour les croyants, ainsi se prolonge l'oeuvre du Christ à travers la communauté de ses disciples et sa mission d'annonce de la Bonne Nouvelle. " Aimez-vous les uns les autres, c'est à ce signe que tous vous reconnaîtront comme mes disciples ". " Allez, de toutes les nations faites des disciples... ". C'est la fidélité à cet idéal qui devient porteuse de la mission de l'église.
Solitaire, donc, et solidaire. Telles sont les conditions du faire sens qu'entérine l'anthropologie propre au christianisme. C'est par là m ême que la règle d'or prend sa portée : sois, envers autrui, comme tu voudrais qu'il se comporte envers toi, c'est-à-dire conduis-toi de façon à engendrer la solidarité du sens. Dans ce contexte, la liberté est indissociable de la responsabilité par laquelle chacun, pour lui-m ême et avec les autres, signe le rapport au sens qui le constitue en humain. Celui-ci est responsable parce qu'il est libre. Son épanouissement est entre ses propres mains, et c'est par l'exercice de cette liberté responsable qu'il peut parvenir à la plénitude de son développement.
Le shinto est la religion indigène du Japon, telle qu'elle s'est structurée en réaction au bouddhisme. Littéralement, ce terme signifie simplement " la voie des dieux ". Pour bien en saisir le sens, il faut tenir compte des liens étroits qui existent, dès les débuts de la civilisation japonaise, entre les humains et les forces de la nature. Dans la conception japonaise traditionnelle du monde, la nature est véritablement vivante, et l'être humain est totalement dépendant de son influence. Les Japonais ont développé tout un système de croyances basé sur cette idée qui est encore aujourd'hui présent dans certains secteurs de la vie japonaise. Ces forces de la nature se manifestent à travers différentes " divinités " que les Japonais appellent kami.
La notion de kami est difficile à cerner car elle fait référence à plusieurs choses. De façon générale, elle renvoie à tout ce qui sort de l'ordinaire, à tout ce qui possède un pouvoir supérieur ou qui inspire la terreur.
" Kami désigne d'abord l'ensemble des divinités du Ciel et de la Terre auxquelles on rend un culte dans les sanctuaires japonais.
" Ensuite, il désigne les esprits et les ancêtres auxquels on rend un culte à l'intérieur des familles.
" Finalement, il désigne tous les éléments de la nature qui ne sont pas humains : les animaux, les oiseaux, les plantes, les mers, les montagnes, les rivières, le vent, etc.
L'univers japonais est construit de manière verticale, en trois parties.
1. Le Ciel abrite un panthéon de divinités célestes.
2. Yomi, le monde des morts, abrite les divinités des morts, les dieux du tonnerre, et les autres démons.
3. Entre les deux, il y a la Terre qui est habitée par les divinités terrestres (les kamis de la nature), les animaux et les humains.
Selon la mythologie japonaise, le monde a été créé par la rencontre de deux kamis, Izanagi et Izanami. Ce ne sont pas les deux premiers êtres divins de la mythologie japonaise à apparaître, mais c'est à eux que l'on attribue la création d'un monde qui n'était auparavant qu'un océan chaotique primordial. On raconte que les deux kamis, posés sur le " Pont du Ciel ", remuaient les eaux primordiales à l'aide d'une lance incrustée de bijoux. Les gouttelettes formées par le remous se sont alors coagulées pour former cette île qu'est la Terre. Descendue en ce lieu, Izanami donna naissance à huit enfants qui formèrent les îles du Japon. Les deux kamis créèrent ensuite divers dieux et déesses qui sont devenus les montagnes, les rivières, le vent et les autres éléments de la nature. D'eux sont également nées les principales divinités japonaises : Amaterasu, la déesse Soleil; Tsukiyomi, la Lune; et Susano-o, le dieu de la mer et des orages.
Avec le temps, les différents kamis deviennent des objets de culte. Chaque clan développe des rites destinés à honorer les kamis qui lui sont liés. Les relations que les Japonais entretiennent avec les kamis découlent d'abord d'une nécessité de rester en harmonie avec les forces redoutables et imprévisibles de la nature, elle-même incarnée dans les kamis. Les rites servent soit à conserver cette harmonie, soit à la rétablir lorsqu'elle est rompue, soit encore à éviter tout risque de rupture. Comme l'agriculture reste le fondement de la culture traditionnelle, les rites les plus importants y ont longtemps été consacrés. La modernité est venue modifier les choses, mais ce besoin d'harmoniser le monde des humains avec la nature est toujours resté dans les moeurs.
Certains kamis vont devenir les ancêtres des chefs des grands clans japonais. La légende raconte en effet que le premier empereur, Jimmu, monté sur le trône en 660 av. J.C., était un descendant direct du kami Ninigi, petit-fils d'Amaterasu, la grande déesse Soleil. On associe donc ici le clan impérial et son pouvoir terrestre à une descendance divine, de surcroît à l'une des divinités les plus importantes du Japon (pouvoir céleste). Cette histoire de fondation divine confère une légitimité au clan impérial.
Le shinto et le culte des kamis cherchent principalement à conserver l'harmonie entre l'être humain et l'univers. Par contre, le shinto ancien n'a jamais développé de position nette sur la mort et les problèmes qu'elle pose. Depuis toujours, il a mis l'accent sur le présent, sur la vie. La mort ainsi que les spéculations sur l'après-mort ont été abandonnées aux bouddhistes. C'est l'une des raisons qui explique pourquoi, encore aujourd'hui, beaucoup de Japonais célèbrent les grands événements de la vie la naissance, le mariage, les anniversaires, le lancement d'une entreprise, etc. avec des rites shinto, tandis que les rites funéraires sont confiés aux temples bouddhistes. Des principes tirés du taoïsme chinois et du néo-confucianisme se sont infiltrés peu à peu dans le shinto et l'ont amené à constamment évoluer.
Le judaïsme a une histoire longue et riche qui déborde amplement ses racines bibliques. Il a su traverser les siècles jusqu'à l'époque contemporaine. " Juif " désigne un fidèle du judaïsme en tant que tradition religieuse, mais il indique aussi l'appartenance au peuple d'Israël aux racines trois fois millénaires. à travers ses péripéties, l'histoire juive apparaît comme celle d'une identité collective relevant de nouveaux défis à chaque génération. à l'époque contemporaine, on peut noter une large diversification dans les accents privilégiés en matière de visions du monde dans divers sous-groupes se réclamant d'une allégeance au judaïsme sur la base d'un héritage historique de convictions communes.
Les axes essentiels des croyances du judaïsme se structurent comme suit : Dieu est Un, créateur du cosmos; il est éternel et échappe à toute tentative de représentation matérielle. Ce dieu personnel qui se nomme " Je suis " est bon et juste à l'égard des humains qu'il a créés à son image et à sa ressemblance et qu'il a placés au faîte de sa création. Présent au monde à travers son histoire, Il appelle les humains à vivre en Alliance avec lui. à un certain moment de l'histoire, ce Dieu a élu le peuple juif comme intermédiaire pour rejoindre tous les peuples. Cette élection et insertion d'une nation particulière dans l'économie de la vie en Alliance avec Dieu offerte à toute l'humanité devient la marque identitaire du judaïsme. La fidélité à cette Alliance s'exprime par l'observation de sa Loi, assortie de la conviction que Dieu sait, à travers les faits de l'histoire, rejoindre son peuple élu, constamment enclin à l'infidélité, et le rétablir dans la bénédiction et dans sa vocation. Cette conviction anime l'espérance messianique qui caractérise le judaïsme.
La référence centrale à la Loi divine fonde le postulat que les humains ont le devoir d' être actifs et de façonner le monde selon les préceptes divins. Une grande valeur se trouve ainsi conférée au travail : l'humain sera reconnu, évalué et jugé d'après ses actions. L'imitation de Dieu, c'est-à-dire la vie selon ses commandements, s'exprimera également dans la consécration du jour hebdomadaire de repos (shabbat) à l'instar du septième jour que Dieu consacra à célébrer, dans l'émerveillement, son action créatrice (Gn 2, 3).
L'expérience historique du judaïsme dégage aussi les capacités humaines de mépris de la Loi, de rébellion contre Dieu et l'ordre divin, en un mot, ses aptitudes au " péché ". Ce péché représente l'avilissement de la véritable nature humaine et il comporte ses conséquences inévitables : la souffrance. Dans le judaïsme, la souffrance en tant qu'expiation du juste représente une explication collective du destin du peuple d'Israël. Selon la tradition reçue, l'histoire d'Israël a compté de nombreux moments de souffrance, de l'esclavage à l'exil en passant par les persécutions et le bannissement de sa terre. Cependant, l'espérance du pardon, qui a toujours nourri sa résilience, repose sur la conviction que si Dieu a libéré le peuple d'Israël de la servitude égyptienne, il saura bien le conduire à la délivrance après les tourments subis, quels qu'ils soient.
Le messianisme s'avère ainsi un point crucial de la croyance juive, bien qu'il ne s'attache pas nécessairement à une figure historique spécifique. Le judaïsme moderne a intensifié son interrogation sur le sens de la souffrance après les tourments vécus au 20e siècle (déportation, extermination, Shoah). Ce messianisme restauré est présent notamment dans le sionisme (édification de la terre d'Israël) tandis qu'un messianisme utopique s'observe à travers diverses tendances proprement religieuses qui vont de la plus stricte orthodoxie (hassidim) au réformisme le plus libéral. Cette grande diversité dans les manières d' être au monde se traduit par une identité éminemment flexible, au point qu'aujourd'hui certains Juifs peuvent continuer à se dire tels alors m ême qu'ils se proclament agnostiques ou athées.
La longue tradition du judaïsme permet de repérer une prédilection pour quatre chemins vers Dieu :
la bénédiction (accueillir avec gratitude tous les événements de la vie);
Membres du peuple élu de Dieu, motivés par une promesse ancestrale de postérité et de prospérité, les Juifs d'aujourd'hui interprètent diversement leur héritage historique avec la conviction que chaque génération doit réinventer la tradition. Cette diversité oscille entre le pôle du retour aux normes les plus orthodoxes (hassidisme) et celui de la construction de l'état d'Israël (sionisme) sur la base d'une mission commune de médiation du divin destinée à l'ensemble de l'humanité.
La perception du judaïsme qui a longtemps prévalu dans l'Occident chrétien commence progressivement à être révisée depuis le milieu du 20e siècle. Cet antijudaïsme a marqué des attitudes tenaces qui méritent d' être évoquées, dans la mesure où elles risquent de déformer, encore de nos jours, un regard correct sur le judaïsme et sa vision du monde. Le premier volet de cet antijudaïsme a consisté en l'attribution à tout le peuple juif de la mort de Jésus réclamée par les " princes des pr êtres ". Les Juifs forment un " peuple déicide, impie et maudit, éternellement voué à la vengeance divine ". Le second volet concerne la déchéance de l'" Ancienne Alliance " au profit de la " Nouvelle Alliance ", le christianisme devenant le seul " véritable Israël ". Les chrétiens ont hérité du trésor juif tout en rejetant ses détenteurs et faisant d'eux des usurpateurs, privant ainsi le peuple juif de son histoire propre. Ce regard séculaire représente un obstacle de taille à franchir pour parvenir à une juste compréhension de la vision du monde et de l'expérience humaine qui caractérise la tradition judaïque.
On dénombre autour de 13 millions de Juifs dans le monde dont 40 % vivent en Israël. Un peu plus de 5 millions vivent aux états-Unis d'Amérique. Selon les données du recensement canadien de 2001, le Québec compte près de 90 000 Juifs dont 67 % sont natifs du Canada.
Pour en savoir davantage :
Une synthèse simple sur le judaïsme au Canada est disponible sur le site de la Défense nationale canadienne, rubrique : " Les religions au Canada " (2003) à l'adresse : http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/pub/rc/doc/rc-fra.pdf
Un bref exposé sur l'histoire de la communauté juive du Québec peut être lu à l'adresse : http://www.grandquebec.com/multiculturalisme/juifs-au-quebec/
Adresse de l'accueil en français du site du Congrès juif canadien (le site en langue anglaise offre des sujets plus rapprochés de l'actualité récente) : http://www.cjc.ca/template.php?Language=FR&action=index/
Il n'y a pas une, mais des façons pour les Amérindiens de se représenter le monde qui les entoure, et ces façons varient avec chacune de ces nations autochtones. Le monde dont il est question ici, c'est d'abord l'habitat propre à chaque nation : la for êt, la plaine, les lacs, les montagnes où ils sont appelés à vivre, avec tous les voisins humains, animaux, végétaux, tantôt amicaux, tantôt menaçants. Ce monde comprend également une zone éloignée, plus ou moins invisible, constituée entre autres du soleil, de la lune, des constellations, autant de puissances qui contrôlent mystérieusement l'incontrôlable.
Mythes et légendes mettent en scène la gestation d'un monde diversifié. Dans une société à filiation traditionnellement matrilinéaire comme celle des Hurons-Wendats, c'est une vénérable grand-mère, une certaine Aataentsic, qui préside à l'ordonnancement du monde. Pour des raisons variables, on raconte qu'elle aurait chuté de son grand domaine céleste où elle vivait une vie paisible, et se serait retrouvée dans les eaux qui recouvraient jadis la terre et auraient pu l'engloutir. Heureusement, de grands oiseaux blancs avaient secouru la dame. Sur le conseil de tous, un des animaux éparpilla sur la carapace de Grande Tortue quelques mottes remontées du fond des eaux. Ainsi fut formée l'île qui devint la terre habitable où Aataentsic put s'installer.
Pour éclairer la terre, Petite Tortue, un animal différent de Grande Tortue, grimpa dans le ciel, y recueillit des éclairs et fabriqua ainsi un grand feu qu'elle suspendit dans le ciel. Elle creusa également au bout de l'île un long tunnel par où le Soleil pouvait disparaître à l'ouest et revenir le matin à l'est, tandis que la Lune, qui allait devenir l'épouse du Soleil, remplacerait celui-ci pendant la période d'obscurité.
Plus tard, Aataentsic donna naissance à une fille qui, elle-m ême, accoucha de jumeaux. L'un reçut le nom de Iouskeha, et c'est lui, dit-on, qui eut l'idée de doter la terre d'une multitude de rivières et de lacs, de for êts splendides, d'érables à sève sucrée, de juteuses citrouilles, de framboises et bleuets charnus. Malheureusement, Tawiscaron, le frère de Iouskeha, s'ingéniait en m ême temps à ravager tout ce qu'il apercevait de prodigieux autour de lui. On dit que c'est lui qui inventa les épidémies et la mort. Le monde de tous les jours est en fait le fruit d'incessantes querelles entre ces deux frères : c'est pourquoi il est à la fois merveilleuses séductions et maux imprévisibles. Impossible harmonie que les Wendats acceptent avec un certain pragmatisme, en combinant les f êtes somptueuses et les actions rituelles préventives.
Pour survivre dans un monde rempli d'embùches, ces nations avaient chacune leurs guérisseurs, également des chamanes qui sont des spécialistes maîtrisant le r êve ou d'autres techniques permettant de communiquer avec les puissances susceptibles de constituer des menaces, et de créer avec elles des contacts bénéfiques. L'environnement de ces peuples n'est jamais composé de for êts ou de montagnes inertes, ou encore d'animaux ou de végétaux tellement différents que les humains ne pourraient entretenir avec eux que des rapports de domination. Le monde amérindien est peuplé des grands Esprits qui ont présidé à sa mise en ordre, des anc êtres qui veuillent sur le clan et qu'il faut vénérer, mais aussi d'une multitude d' êtres invisibles avec qui des ententes sont possibles à condition de leur céder par exemple une pincée de tabac. L'harmonie cosmique se transige tous les jours, parce que tous les jours les esprits risquent de rappeler inopinément leur présence.
Quand les Amérindiens insistent actuellement pour parler de leurs religions en termes de spiritualités, ils entendent affirmer que leurs préoccupations intimes englobent comme en un cercle tout ce monde diversifié avec une terre, des for êts, des lacs, des animaux, des humains, avec qui ils souhaitent vivre en harmonie, et qu'ils connaissent encore des façons spirituelles de communiquer avec tous les êtres qui peuplent leur environnement. Il faut également dire que se trouvent intégrées dans ce cercle des croyances découlant du processus de christianisation qu'ont connu de nombreux peuples amérindiens.
Après des siècles de dénigrement, on assiste aujourd'hui à une redécouverte et à une revalorisation, par les Amérindiens eux-m êmes, de la culture traditionnelle autochtone.
Comprendre les religions de la Chine, c'est d'abord comprendre que, dans la langue chinoise traditionnelle, à l'instar de la majorité des langues asiatiques, il n'existe pas d'équivalent au mot " religion ". Ce qu'on appelle " religion " est souvent un simple synonyme de " culture ". Le terme jiao, qui signifie, dans son sens le plus commun, un " enseignement ", est utilisé pour désigner les grandes traditions de la Chine. C'est pourquoi on a nommé ces traditions les " trois enseignements " (sanjiao) : l'enseignement du dao (daojiao) ou taoïsme; l'enseignement du Bouddha (fojiao) ou bouddhisme; et l'enseignement des lettrés (rujiao) ou confucianisme.
Il n'existe pas de récits de la genèse du monde partagé par tous les Chinois. Ils conçoivent l'univers comme un immense organisme qui fonctionne par lui-même, sans début ni fin. Comme il n'a pas été créé, il est donc inutile de réfléchir sur ses origines. Les trois enseignements partagent cependant une conception du monde construite autour du dao (ou tao), une notion volontairement imprécise et ineffable qui renvoie au bon fonctionnement de toutes choses dans l'univers.
Dans le langage de tous les jours, le dao désigne un " chemin ", ou une " voie " de circulation. Dans son sens plus sociopolitique ou confucianiste, il peut désigner une règle d'actions humaines, une doctrine, un principe, ou une conduite (individuelle, filiale, sociale ou politique) adéquate. Les bouddhistes voient dans le dao la voie ou l'enseignement à suivre pour atteindre le nirvâna. Les taoïstes utilisent dao quand ils cherchent à se représenter le principe cosmique absolu ou la réalité absolue qui ordonne l'univers. Le dao n'est toutefois pas une réalité qui serait à l'origine de l'univers : c'est un nom fictif qui renvoie plutôt au fonctionnement du monde. L'existence de tout ce qui existe ne découle pas d'une action créatrice. Les choses ne sont pas créées, " elles sont ", tout simplement.
Dans la cosmogonie chinoise, le dao donne naissance au taiji, sa manifestation active et concrète, mieux connu à travers le symbole binaire du yin et du yang. Contrairement à la perception populaire véhiculée en Occident, ces deux pôles ne constituent pas des éléments statiques qui s'opposent. Il s'agit plutôt d'une représentation d'un principe d'alternance qui existe dans tous les phénomènes naturels et humains. Selon les Chinois, le monde, même s'il n'est pas " créé ", n'en est pas pour autant fixe ou statique; il est en constant mouvement et évolue à travers une série de cycles (le jour et la nuit, les saisons, les phases de la lune, les années, la naissance et la mort, etc.). Le yin et le yang symbolisent ce mouvement perpétuel auquel est soumis l'univers. De la même manière, le principe des cinq phases (wuxing) classifie tous les phénomènes naturels et humains en cinq catégories. Il exprime le principe perpétuel de génération et de destruction de toute chose à travers cinq formes fondamentales : l'eau, le bois, le métal, la terre, et le feu.
Cette loi d'alternance et de génération et de destruction régit l'ensemble des activités naturelles et humaines. Pour les humains, l'observance de cette loi d'ordonnancement permet de maintenir une harmonie entre les trois composantes fondamentales de l'univers : la Terre, le Ciel et l'être humain. Les composantes de cette " Grande Triade " ne sont pas indépendantes l'une de l'autre, mais fonctionnent en harmonie. Le corps humain est perçu comme un microcosme calqué sur le macrocosme que constitue l'univers. L'harmonie du corps (caractérisée par la bonne santé mentale et physique) est garante de l'harmonie sociale (de bonnes relations entre les individus), elle-même garante de l'harmonie étatique (paix et ordre dans la société), elle-même garante de l'harmonie universelle (l'harmonie de la Grande Triade).
Les nombreux rituels traditionnels chinois servent également à maintenir l'ordre et l'harmonie entre le monde des humains et le monde invisible des esprits et des revenants. Le canevas de base de tous les rituels consiste à nourrir les esprits (pour qu'ils accordent leur protection), les ancêtres défunts (pour qu'ils puissent vivre dans le monde des esprits sans devenir des revenants), et les revenants, ou mauvais esprits (pour qu'ils ne viennent pas hanter les humains). Ces rituels supportent un système de croyances qui s'intègre dans ce qu'on appelle, faute de terme plus précis, la religion populaire. Distincte des trois enseignements (réservés habituellement aux moines, prêtres et lettrés), mais puisant dans ceux-ci, la religion populaire repose sur un système de croyances basé sur le respect accordé aux ancêtres défunts et aux esprits.
Dans la vision chinoise, le monde est en effet peuplé de divinités (souvent des personnages historiques élevés au rang de dieux ou d'immortels), d'esprits et de démons. Ils se retrouvent partout; au Ciel, dans l'un ou l'autre paradis chinois, dans les souterrains infernaux, ou sur la Terre, dans les montagnes, les rivières, les arbres, et même à l'intérieur du corps humain. Ces divinités et esprits ne sont pas à l'origine du monde ou des êtres humains. Ils sont soumis à la loi du dao et contribuent, comme l'être humain, à maintenir une harmonie cosmique.
Les jeunes générations ont tranquillement abandonné la plupart de ces rituels, en même temps que certains en ont adopté d'autres, tirés de nouvelles traditions comme le christianisme, l'islam, ou le communisme. Ces changements modernes ne viennent cependant pas modifier radicalement la vision unifiée du monde typique de la Chine traditionnelle.
Les nouvelles religions sont des nouvelles solutions théologiques offrant une cohérence, un code de sens, qui déchiffre derrière les hasards et les désordres de notre société un ordre. Dans cet ensemble de solutions théologiques, on peut repérer des tendances révélatrices de nos mythes modernes et qui utilisent les mots du jour pour expliquer le monde. Afin de faciliter le repérage de ces tendances, nous utilisons un regroupement en quatre familles qui nous permet d'identifier quatre des grands mythes contemporains. Nous avons nommé ces familles en fonction de leur principal lieu de référence ou de légitimation qui sont : le christianisme, l'Orient, la science et l'ésotérisme.
La famille chrétienne est constituée des groupes qui se réfèrent au mythe fondateur du monde occidental, le christianisme. Pour ces groupes la Bible constitue le livre sacré de base, auquel s'ajoute une révélation qui vient la compléter ou proposer une nouvelle interprétation de son contenu. Le message, qui propose une relation avec Dieu, se veut mieux adapté à un nouveau contexte. Par exemple, on présente Jésus comme un superhumain ou on interprète la vie sur terre et après la mort comme des étapes d'une progression spirituelle. Cette famille, qui est la plus importante en nombre au Québec, est surtout connue par des groupes comme les Témoins de Jéhovah, l'église de l'Unification, les mouvements pentecôtistes et baptistes et les Saints des Derniers Jours ou Mormons. Dans la famille orientale, on puise principalement ses sources dans les écrits sacrés de l'Inde, de la Chine et du Japon. Les groupes de cette famille, qui sont souvent des bourgeons occidentaux de traditions typiquement orientales, favorisent le développement spirituel de la personne en proposant une démarche intérieure. Cette démarche se veut dans la majorité des cas pragmatique. Ces religions proposent aussi une vision du monde où l'univers est souvent présenté comme une conscience avec laquelle nous pouvons communiquer. Les groupes les plus connus au Québec sont l'Association internationale pour la Conscience de Krishna, Eckankar, l'Aumisme, les Brahma Kumaris, la Soka Gakkai, le Falun Gong, et ne recrutent pas beaucoup d'adhérents comparativement à la famille chrétienne.
La famille scientiste, elle, fait une lecture scientiste du monde spirituel. Cette lecture est le résultat d'une sacralisation de la science, caractéristique de nos sociétés modernes, où la science en vient à prendre le relais de la religion comme source de légitimation sociale. On propose dans ces groupes un développement du potentiel humain grâce à une approche empirique du surnaturel où l'on est invité à connaître par la raison. Les groupes les plus connus de cette famille sont le mouvement raëlien et l'église de scientologie. L'ensemble des adeptes constituent la troisième famille en importance après la famille ésotérique. Finalement, on retrouve la famille ésotérique, qui proclame l'unité transcendante des religions. Cette famille offre une démarche spirituelle qui propose de découvrir derrière la façade apparente des choses, un réseau de signes révélateurs d'un cosmos vivant auquel participe l'être humain. En décryptant ce message, avec une approche analogique de la réalité, l'être humain peut ainsi réaliser la fusion du moi et de l'univers. Les représentants les plus connus de cette famille sont l'église Universelle et Triomphante, l'ordre de la Rose-Croix AMORC et la Fraternité Blanche Universelle.
Ces nouvelles religions, comme nous le disions plus haut, sont en résonance avec un contexte. On remarque que dans la famille chrétienne les valeurs familiales sont importantes et répondent aux besoins des personnes qui cherchent une cohérence face à l'éclatement de la famille dans notre société. La famille orientale, qui propose une démarche spirituelle sans encadrement institutionnel, semble bien répondre au contexte individualiste de notre monde urbain. La famille scientiste, quant à elle, réaffirme bien le nouveau mythe fondateur moderne de la techno-science. La famille ésotérique fait aussi état d'un nouveau mythe, celui de la terre devenue village global avec, entre autre, l'arrivée de la télévision. Nouvelles visions du monde en résonance avec un nouveau contexte, les nouvelles religions réinterprètent l'héritage local à la lumière de leur nouvelle grille.